1 semaine, 5 pays, 13 participants ; Formation en Gestion Culturelle, pari réussi pour Arterial Network à Abidjan

Apres la célébration du 10ème anniversaire du réseau Arterial Network en mars dernier à Abidjan, la capitale de la Côte d’Ivoire a de nouveau accueilli une formation régionale. Du 10 au 13 Juillet dernier, à l’initiative d’Arterial Network, une formation régionale s’est ténue dans les locaux de l’Institut National Supérieur des Arts et de l’Action Culturelle (INSAAC) d’Abidjan. Ce séminaire de formation a porté sur la Gestion Culturelle.

Au cours de cette formation qui s’est accentuée plus sur la pratique et le partage d’expériences, plusieurs thèmes ont été abordés permettant aux participants de mieux appréhender le management culturel.

Sur 172 candidatures enregistrées, 13 entrepreneurs et acteurs du secteur culturel et créatif ont été retenus. Les 4 candidats venus du Burkina Faso, Mali, Sénégal et Togo, ont ralliés Abidjan où les attendaient les 9 candidats retenus de la Côte d’Ivoire.

La formation a été assurée par Luc Mayitoukou venu du Sénégal, Jean-Luc Gbati Sonhaye du Togo et de Diana Ramarohetra (Madagascar) d’ARTERIAL NETWORK

Plusieurs intervenants ont partagé leurs expériences avec les stagiaires, le premier est José da Silva ; producteur, manageur de la diva Cesaria Evora, actuel Responsable Afrique de l’Ouest de Sony Music, éditeur et consultant. Avec lui, dès le premier jour,  les participants se sont outillés sur le métier de manageur d’artiste, agent d’artiste, tour manager, fiche technique de prestation, contrat d’artiste, etc. Il a également donné d’utiles conseils pratiques aux participants pour réussir dans la carrière de manageur et la gestion relations artistes-manageurs et promoteurs de spectacles.

José da Silva lors de sa présentation sur le numérique et la diffusion

José da Silva lors de sa présentation sur le numérique et la diffusion

La seconde intervention de José da Silva le jour suivant s’est appesantie sur le numérique dans la diffusion et la promotion. Il a abordé l’historique des supports de diffusion d’enregistrements sonores commerciaux : des single, 33 et 45 tours, passant par le vinyle au disc pour enfin aboutir aujourd’hui au digital. L’importance des réseaux sociaux (quand ils sont bien utilisés pour créer le buzz) dans le management et la carrière artistique n’est plus à démontré. Aujourd’hui on peut vendre ses œuvres aux quatre coins de la planète avec la monétisation (même si certains pays africains trainent encore les pas) et le développement des agrégateurs et les plateformes de téléchargement. Le streaming se présente avec un avenir qui va bouleverser les tendances. Son développement risque de faire disparaitre avec le temps la radio et la télévision ; il faut donc se mettre à niveau. Pour illustré cette dernière partie,  Luc Mayitoukou, le patron de ZHU Culture a présenté en images sa plateforme de distributions numérique du même nom que sa structure, avec des exemples de certains artistes qui ont déjà signés avec lui. Il est revenu sur les métas datas et les agrégateurs.

Zié Coulibaly et Seydou Koné au cours de leurs communications

Zié Coulibaly, directeur délégué de l’Institut Français de Côte d’Ivoire, enseignant à l’INSAAC et ancien régisseur du MASA a abordé le financement de la culture. Il a présenté le financement de type marchant et celui relatif à l’institutionnel. Il a été aussi abordé la question du montage financier des projets avant l’étape des conseils d’aîné qui ont été très appréciés par les participants.

Préalablement, Seydou Koné, régisseur de spectacle vivant à l’Institut Français de Côte d’Ivoire a intervenu sur la gestion de risques dans les arts et la culture. Il a au prime abord présenter la pyramide projet incluant les facteurs délai, coût, matériel plus RH afin d’obtenir la qualité. Il a insisté sur le cahier de charge, fiche ou dossier technique a présenter à la salle. Il a enfin abordé les précautions  à prendre (en cas d’incendie ou panique) avant, pendant et après un spectacle dans un établissement recevant du publique (ERP).

Séydou Koné, le régisseur de l’IF d’Abidjan dans ses explications

Le côté pratique du module gestion de risque dans les arts et la culture sera enrichi par une visite de terrain sur le site de l’Institut Français. Amples explications sur la gestion de la salle de spectacle de l’institut ont été données par le régisseur des lieux Seydou Koné et le directeur de l’établissement Zié Coulibaly qui se sont montrés disponibles, permettant aux séminaristes de toucher du doigt les réalités de la pratique.

Cette sortie se poursuivra par la visite du siège d’Arterial Network, qu’abrite la direction du MASA dans ses locaux sis au Plateau à Abidjan.

Outre le module sur la création d’entreprise, les conditions et les formalités de leur création  Jean-Luc Gbati Sonhaye a animé la session portant sur le Fundraising.

Diana Ramarohetra, outre ses multiples apports aux côtés des formateurs, s’est bien illustré lors de sa présentation sur le management féminin, qui est loin d’être uniquement l’apanage des femmes.  Le management féminin doit être bien cerné afin de permettre une bonne gestion et une bonne ambiance dans les relations quotidiennes qui lient les hommes et femmes dans une entreprise. Femme de culture et de caractère, elle a partagé avec les 13 participants (dont 6 femmes), ses expériences de manager d’équipe et d’entreprise dont des femmes et des hommes.

Diana, Luc et Jean-Luc

Si les candidats ont été retenus sur la base de leur cv, il y a aussi le contenu et la pertinence de l’idée ou du projet dont ils sont porteurs qui a joué dans le choix final. Avant donc la fin de la formation, chacun a fait une présentation publique de son idée ou du projet, le contenu, la phase d’avancement, les atouts et les difficultés. Ce qui a permis aux formateurs et participants de mieux comprendre ces projets afin de proposer des idées et piste de solutions pouvant aider à leur réalisation et ou leur durabilité.

Le Professeur Yacouba Konate, écrivain, conservateur de musée, professeur de philosophie à l’université de Cocody (Abidjan), critique d’art, actuel président du Marché des Arts du Spectacle Africain (MASA) était aussi intervenu dans la formation. Avec une riche expérience dans le domaine de la culture et de l’art, il a fait une communication sur l’approche projet ou la fiche projet. Il a invité les séminaristes a clarifié l’idée d’action et de se méfier des fausses idées dans le domaine de la culture. Selon lui, la fiche projet remplace son porteur auprès des bailleurs de fonds d’où la nécessité de sa pertinence. Un projet pertinent perdure aux attaques de l’actualité. Un projet solide résiste à la contre analyse, il relève  les défis des projets comparables sur la scène. Le Professeur Yacouba Konaté, Président du MASA Il y a une grande plasticité dans le domaine de la culture ; la concurrence peut être favorable à la réussite d’un projet culturel. Pour le Pr Konaté, « Tout est progressif, il faut monter au fur et à mesure, se projeter en analysant les besoins et en proposant des produits compétitifs pour entrer dans le marché ».

Le Professeur Yacouba Konaté, Président du MASAA la question relative à l’approche politique de la gestion culturelle, il estime que : « Ce ne sont pas les politiques qui viendront régler les problèmes culturels ou économiques ». Il rajoute qu’il « faut connaitre également le fonctionnement de l’économie et son actualité pour pouvoir élaborer son modèle économique ». Après sa communication sur la plasticité horizontale et verticale, le Pr Konaté a donné des conseils sur le lobbying permettant d’obtenir des financements pour nos projets culturels.La formation a pris fin par la cérémonie de remise d’attestations délivrées aux différents participants. C’est au professeur Yacouba Konaté que l’honneur est revenu de faire cet exercice de remise d’attestations en présence de quelques journalistes de la presse ivoirienne et togolaise.

A entendre les témoignages des différents participants, et sachant qu’aucune œuvre humaine n’est parfaite, il n’est pas exagéré de tirer le chapeau à Artérial Network du Président Mamou Daffé, et d’accorder la mention bien à l’organisation de cette formation coordonnée par Diana Ramarohetra.

Photo de famille à la fin de la formation. Crédit photo @Diana R.

© Gnandi N’Yaa-Bi Evan

evangnandi@gmail.com

Abidjan pour Rue 228

 

 

 

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