FRANCOPHONIE : UN REVE SECULAIRE QUI A CONQUIS DU TERRAIN

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Aujourd’hui, 20 mars, le monde francophone célèbre la journée internationale de la francophonie. A l’occasion de cette célébration, nous vous proposons quelques temps forts de l’histoire de ce que l’ancien président sénégalais, Léopold Sédar Senghor, appelait la « Commonwealth à la française ».
Déjà en 1886, le géographe Onesime Reclus jetait les bases d’un regroupement des pays ayant en commun la langue française. Dans son œuvre France, Algérie et colonies, il traitait de francophone « tous ceux qui sont ou semblent être destinés à rester ou devenir participants de notre langue ». Cependant, ce n’est qu’avec la période des indépendances que ce concept va refaire surface avec Senghor qui définit, en 1962, la francophonie comme un « humanisme intégral qui se tisse autour de la terre, cette symbiose des énergies dormantes de tous les continents, de toutes les races qui se réveillent à leur chaleur complémentaire ». Il aura le soutien de ses collègues Habib Bourguiba et Hamani Diori, tous pères des indépendances de leurs pays.
Leurs efforts connaîtront un succès le 20 mars 1970 quand 21 pays vont signer la charge portant création de l’Agence de Coopération Culturelle et Technique (ACCT) qui deviendra Agence Internationale de la Francophonie puis, depuis 2005, Organisation Internationale de la Francophonie. La date du 20 mars deviendra alors un symbole et à partir de 1988, elle sera retenue comme journée internationale de la francophonie.
A l’origine, l’objectif assigné à l’ACCT était d’intensifier la coopération culturelle et technique à travers l’éducation, la formation, les sciences et l’agriculture. Cette promotion culturelle va même motiver la création de la chaîne de télévision TV5 en 1984.
La mission confiée à l’agence va aboutir à plusieurs initiatives notamment un partenariat avec le FESPACO, la création du Fonds francophone de production audiovisuelle du Sud, même les zones rurales et défavorisées seront prises en compte à travers la promotion des Centres de Lecture et d’Animation Culturelle (CLAC).

Michaelle Jean, actuelle Secrétaire Générale de l'OIF

Michaelle Jean, actuelle Secrétaire Générale de l’OIF

La mission culturelle et technique assignée à l’institution va grandir et s’étendre au domaine politique avec la mise en place en 1986 du Sommet des Chefs d’Etat et de gouvernement ayant le français en partage. Un objectif politique qui se concrétisera en 1997, à Hanoi, par la création d’un poste de Secrétaire Général avec comme premier occupant l’Egyptien Boutros Boutros-Ghali, ancien Secrétaire Général des Nations-Unies.
La dimension politique permet à l’organisation d’être beaucoup plus présente au plan international. Que ce soit à l’Union africaine, à l’Union européenne, auprès des Nations Unies ou encore à la Commission économique pour l’Afrique, l’Organisation dispose d’une représentation. Ses champs d’intervention s’élargissent désormais à la prévention des conflits et à la résolution des crises institutionnelles. Depuis 2000 et le sommet de Bamako, l’organisation s’est dotée d’outils concrets qui renforcent son statut de médiateur et conciliateur à l’international. La déclaration de Bamako, en affirmant que « démocratie et Francophonie sont indissociables », prévoit des sanctions allant même jusqu’à l’exclusion d’un membre que serait coupable de manquement aux principes démocratiques comme le non-respect de l’Etat de droit. Un défi majeur quand on sait que certains Etats membres sont impétrés dans des crises électorales, et où les populations continuent par rêver d’une société plus juste et équitable en matière de respect des Droits de l’Homme.
Aujourd’hui, l’Organisation compte 58 membres, 26 pays observateurs et 4 Etats associés pour une population de 900 millions d’habitants.
Arafat Afuane

2 plusieurs commentaires

  1. Bravo pour l’article.

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