Joël TCHEDRE : « On commencera réellement à parler de l’existence du cinéma togolais lorsque nous allons passer à une production conséquente de longs métrages ».

Joël Tchédré, "Nous avons bien sûr un coup à jouer".

Joël Tchédré, « Nous avons bien sûr un coup à jouer ».

Pacte et Okuta. L’un, une fiction, et l’autre, un documentaire seront en compétition au FESPACO 2017 qui se déroule du 25 février au 05 mars prochains au pays des hommes intègres. Nous avons rencontré le producteur et réalisateur de ces deux œuvres. Joël TCHEDRE nous parle du cinéma togolais et de ses chances de remporter « un ou des prix ». Lecture.

Bonjour Monsieur Joël TCHEDRE.

Vous êtes réalisateur, producteur. En quoi consistent concrètement ces titres et comment le devient-on ?

Réalisateur, Producteur, ce sont des termes  professionnels pour désigner un cinéaste qui réalise et dirige les productions des œuvres audiovisuelles et cinématographiques.

Pour devenir producteur ou réalisateur, il faut être formé à l’école ou sur le tas, participer comme stagiaire à plusieurs productions et signer enfin des productions comme producteur et réalisateur.

Joël Tchédré, producteur, réalisateur, gérant de la maison "Les Films du Siècle"

Joël Tchédré, producteur, réalisateur, gérant de la maison « Les Films du Siècle »

Vous êtes responsable d’une structure de production cinématographique qui sera en compétition au FESPACO cette année. Parlez-nous de ce que vous proposez.

Nous avons deux films en sélection officielle au FESPACO 2017. Un court métrage de fiction intitulé « PACTE » que j’ai réalisé et produit et un documentaire intitulé « OKUTA » que j’ai produit mais réalisé par un béninois du nom de Aymar ESSE. PACTE raconte l’histoire d’un couple amoureux lié pour la vie et la mort par un Pacte de sang. OKUTA est un documentaire qui raconte la relation très forte que lie les habitants de Dassa au Benin avec les pierres et les collines de leur région.

Quand vous jetez un coup d’œil aux productions qui seront en compétition avec vous dans la même catégorie, pensez-vous avoir un coup à jouer ?

Nous avons bien-sûr un coup à jouer. Si nous sommes déjà en sélection pour compétir avec les autres films, je pense que ce n’est pas un hasard. C’est parce que nous pouvons aussi mériter les prix en jeu. Nous, de notre côté, nous avons fait un grand travail sur le scénario, la mise en scène et la technique pour donner des chances à nos productions de revenir du FESPACO avec un ou des prix…

Parlons du cinéma togolais. Quel regard y portez-vous par rapport aux autres pays de la sous-région et d’Afrique ?

Le cinéma togolais comparé aux autres de la sous-région est en plein essor. Aujourd’hui, nous avons beaucoup plus de productions de qualité diffusées sur des télévisions internationales et primées dans des festivals à l’échelle mondiale. Mais nous ne produisons pas encore assez de longs métrages de cinéma et de téléfilm, faute de moyens. On commencera réellement à parler de l’existence du cinéma togolais lorsque nous allons passer à une production conséquente de longs métrages…

Il est vrai qu’aujourd’hui, le cinéma togolais est en train de sortir de l’ornière. Cependant, les films réalisés par des Togolais ne sont rarement disponibles que sur les chaînes internationales. Pourquoi ne pas rendre accessible ces productions au public togolais pour qu’il sache ce qui se fait ?

La production d’un film coûte très cher. Et donc le problème de la rentabilité se pose souvent au Togo car nous manquons encore de système de diffusion et de distribution rentable comme au Nigeria ou au Burkina. Nos chaînes de télévision sont incapables d’acheter des droits de diffusion de nos films. C’est pour cela qu’on constate que nos productions sont plus diffusées à l’extérieur du pays.  Pour rentre accessible nos films au Togolais,  on doit rouvrir les salles de cinéma bien équipées et que l’Etat encourage et aide au moins la Télévision Nationale à acheter des films togolais.

Nous sommes pratiquement en fin d’entretien. Avez-vous quelque chose à dire aux jeunes qui rêvent de s’engager dans le cinéma ?

Ce que je peux dire aux jeunes qui veulent s’engager dans le cinéma, c’est d’abord qu’ils se fassent former; ensuite qu’ils soient courageux et persévérants car le cinéma est un métier des gens qui ont des nerfs solides.

Merci et bonne chance à vous, Joël TCHEDRE.

Merci.

 

 

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