SEMAINE MOUVEMENTEE POUR LA PRESSE TOGOLAISE

Les membres de la HAAC posant avec les juges de la Cour Suprême au sortir de leur prestation de serment

Les membres de la HAAC posant avec les juges de la Cour Suprême au sortir de leur prestation de serment

La presse togolaise se commémorera de la semaine du 06 au 12 février comme l’une des sombres semaines qu’elle aura connues. En effet, la presse togolaise y a été victime de répression sous diverses formes.

Déjà le 06, la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) retirait les fréquences aux organes du groupe Sud Média : la télévision LCF et la radio City Fm. Raison évoquée : ces organes n’auraient pas « accompli les formalités préalables d’autorisation d’installation et d’exploitation auprès de la HAAC », selon le président de l’institution. Il aura donc fallu dix (10) ans et l’arrivée de Pitang Tchalla à la tête de l’institution pour qu’on s’en rende compte !

Le siège du groupe de presse Sud Média

Le siège du groupe de presse Sud Média

Cette raison évoquée par Pitang Tchalla est rejetée en bloc par l’administration et le personnel du groupe Sud Média.  » Les deux médias, LCF et City Fm, émettent depuis près de 10 ans déjà. Il est inconcevable qu’ils aient pu fonctionner sans avoir au préalable déféré aux obligations administratives ; – LCF a assuré depuis sa création et pendant plusieurs années des permanences journalières à la Présidence de la République« , déclarait le personnel du groupe de presse qui rappelle que  » LCF et City Fm ont toujours bénéficié de l’aide de l’Etat à la presse dont les conditions d’attribution sont fixées par la HAAC« . Des déclarations qui confirment les copies de correspondance entre la HAAC, l’administration du groupe Sud Médias et l’ART&P, présentées par Luc Abaki, Directeur général du groupe Sud Média. Ce vendredi, ce fut un ballet de convocations de Directions de publication dont les journaux sont revenus sur l’affaire avec des dénonciations.

Loin de s’en être remis de ce coup porté à la liberté de presse, c’est un journaliste, Robert Avotor, qui est violemment réprimé par des agents de la gendarmerie nationale dans l’exercice de ses fonctions. Selon le récit du confrère du journal « L’Alternative », c’est lors des civilités que les hostilités avaient commencé. « Il y a un litige foncier à Akato-Soviépé. Sur décision de la Cour Suprême, certaines constructions doivent être démolies. Les gendarmes sont venus pour faire sortir les gens de chez eux. Naturellement, je suis allé pour faire un reportage. Quand je suis descendu de ma moto, je me suis approché des gendarmes en me présentant. Je leur ai demandé si je pouvais parler à leur chef. Ils m’ont répondu qu’il n’y a aucun chef parmi eux (…). L’un d’eux m’a intimé de quitter les lieux. A peine avait-il dit ça qu’il a commencé par me tabasser« .

Robert Avotor, le journaliste agressé par des gendarmes mardi dernier

Robert Avotor, le journaliste agressé par des gendarmes mardi dernier

Ces évènements n’ont pas manqué de bousculer la plume des professionnels de médias et des organisations de la société civile. Dans un communiqué conjointement signé, l’Observatoire Togolais des Médias (OTM), le Conseil National des Patrons de Presse (CONAPP) et l’Union des Journalistes Indépendants du Togo ont dénoncé la fermeture des organes de presse nonobstant toutes les démarches en cours. En ce qui concerne l’agression d’Avotor, ces organisations ont lancé un appel au ministre de la Sécurité et de la Protection civile afin de « prendre les mesures qui s’imposent à l’endroit des auteurs de cet acte répréhensible et qui met à mal les bonnes relations de travail que tentent d’instaurer les forces de l’ordre et les professionnels des médias« .

Les organisations de la société civile ont, pour leur part, lancé un appel à une série de manifestations tout au long de ce mois de février pour exiger la réouverture du groupe Sud Média.

Arafat Afuane

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